
An 2251. Suite à un désastre écologique, la Terre n’est plus que l’ombre d’elle-même, des morceaux flottants épars dans l’univers. L’eau devient une source rare et précieuse contrôlée par la "Sphère", une puissance dictatoriale dirigée par Oslo.
Voici le monde de Skyland, dans lequel nous suivons deux jeunes héros : Mahad et Lena, dont la mère s’est faite emprisonnée par la Sphère, et qui ont rejoint la résistance. Leur but est tout simplement de libérer celle qui leur a donné le jour. Cet odyssée est aussi l’occasion pour eux de découvrir leur passé.
Lena est une Seijen, elle possède des pouvoirs télépathiques et télékinétiques puissants. Mahad quant à lui cache un excellent pilote derrière son comportement irritant. Les deux enfants découvrent ainsi qu’ils sont les héritiers d’un des plus grands opposants à la Sphère, depuis disparu. Leur motivation est donc de libérer leur mère tout en combattant la dictature de la Sphère.
Soyons clair, la force de Skyland ne repose certainement pas sur un scénario vraiment original ou novateur. Certains épisodes sont même parfois carrément prévisibles. L’originalité de Skyland se situe en réalité à un tout autre niveau.
Tout d’abord l’animation, très réussite, qui rassemble à la fois animation traditionnelle et animation 3D. Lesquelles s’assemblent avec beaucoup d’aisance et offrent une image impeccable comparable à de nombreux longs métrages d’animation.
Ensuite, l’inspiration graphique et narrative est particulièrement riche. L’influence de Star Wars est évidente dans ses grandes lignes. Un épisode s’inspire d’Alien. Les îles flottantes rappellent les mondes de Miyazaki ou certaines oeuvres du peintre Magritte.
On y voit également l’influence graphique de bandes dessinées des années ’70 et ’80 pour la précision du trait appliqué à des mondes fantastiques. Notons que la résistance est incarnée par des pirates, ce qui offre la possibilité aux réalisateurs de puiser dans les classiques de la littérature d’aventure, de Joseph Conrad à Jack London.
Rajoutons également que la série est bien ancrée dans notre monde actuel et ses préoccupations : le discours écologique autour de l’importance du monde et de sa destruction. Chaque île flottante est la possibilité de mélanger des styles architecturaux et des cultures différentes. On voit autant des vestiges de New-York que des monuments célèbres de la ville lumière qui volent ci et là donnant une atmosphère très spécifique à Skyland.
Skyland est enfin un excellent exemple de la place grandissante que prennent les productions animées françaises dans le paysage télévisuel mondial. Troisième exportateur mondial derrière le Japon et les États-Unis, la France innove par sa capacité à remodeler à sa propre sauce les qualités confirmées de ses deux concurrents.
Il est d’ailleurs difficile d’imaginer à la vision d’un épisode de Skyland qu’il est originaire de l’hexagone tant les références sont celles d’une culture qui a dépassé les frontières. Un américain retrouvera autant de références à sa nation qu’un français ou un asiatique. La France a donc opté depuis quelques années pour une stratégie basée sur le mimétisme des plus puissants. Une stratégie gagnante puisque, au dire de Télérama, 36,5 % des exportations audiovisuelles françaises sont du domaine de l’animé alors qu’elles ne représentent que 10,5 % des productions du pays.
Skyland existe en ce moment en une série de 26 épisodes de 22 minutes disponible en DVD. Cependant, des bruits courent quant à la réalisation prochaine d’un film et de la poursuite de la série. Il semble que l’on entendra encore parler longtemps de Mahad et de sa soeur. Lena.