
28 septembre 1983, Antenne 2 diffuse pour la première fois cette production franco-japonaise. Les Mystérieuses Cités D’or, ce sont les aventures d’Esteban, Tao et Zia. Véritable épopée aux frontières de la science-fiction avec par dessus tout le fabuleux condor qui en a fait rêver plus d’un.
Qui n’a jamais rêvé de voir et revoir les 39 épisodes de 28 minutes qui nous conduisent aux Mystérieuses Cités D’or ? Un scénario relativement complexe, des musiques inspirées et surtout ces mini-documentaires venant étoffer les thèmes mis en scène dans chaque épisode.
En 1532 à Madrid, Esteban, un jeune garçon de 12 ans apprend la vérité sur son passé. Il a été sauvé par un marin du nom de Mendoza lors d’un naufrage. Très populaire, Esteban serait doté d’un pouvoir qui lui permet de faire apparaître l’astre du jour, d’où son surnom, fils du soleil.
Retrouvant Mendoza, un homme dont chaque spectateur doutera jusqu’à la dernière minute de ses intentions envers Esteban, il quitte l’Espagne et s’embarque à la recherche des Mystérieuses Cités D’or. En chemin, il fait la connaissance de Zia, une inca arrachée aux bras de son père. Plus tard, c’est Tao qui rejoindra le duo accompagné de Pichu, un perroquet au sale caractère.
Les Cités D’or on fait un véritable tabac en France. Au point que la série fut doublée, en plus du japonais, en hongrois, en italien et en anglais. Un succès qui n’est pas étranger au producteur, Jean Chalopin, également à l’origine des Minipouss, de Mask, de l’Inspecteur Gadget ou encore du célèbre Ulysse 31.
A l’origine de la série animée, il y a l’ambition de la NHK, la chaîne publique nippone, au début des années 80, d’adapter le roman "The King’s Fith" de l’écrivain pour enfant Scott O’dell. Un livre traduit chez Castor Poche sous le titre "La Route De L’or".
L’adaptation animée pour la télévision devait s’intituler au départ Taiyô no ko Esteban, soit en français, Esteban, le fils du soleil. Le travail avait déjà commencé quand l’équipe de Jean Chalopin, séduite par le thème original, propose d’entrer en coproduction avec les japonais. Les français n’en étaient pas à leur premier essai puisqu’ils étaient déjà à l’origine d’un succès mondial produit au Japon, Ulysse 31. Les Mystérieuses Cités D’or est donc une production franco-japonaise financé par la NHK et RTL, et réalisé par MK production, le Studio Pierrot et DIC. Mais cette fois, contrairement à Ulysse 31, la participation financière des entreprises européenne sera inférieure : 49% contre 51 pour le Japon.
Les français ont essentiellement travaillé sur le story-board, on leur doit des modifications graphiques sur les personnages. Ils ont ainsi réduit la taille des yeux et arrondit les mentons, sans doute pour leur donner un aspect plus européen. Quant à l’aspect définitif de toutes les machines et mécaniques, c’est le fruit du travail de Bernard Deyriès, co-scénariste et réalisateur, qui s’est appliqué à renforcer le côté high-tech de la série. Par exemple, à l’origine, le Solaris était en bois et il n’était pas question de voile mécanique. Le grand condor devait quant à lui être d’un bleu métallisé.
Mais les Cités D’or, c’est aussi une musique superbe et variée composée par le célèbre duo Haim Saban et Shuky Levi. Leur plus grande réussite à mon sens. Due principalement au mélange d’instruments synthétiques et traditionnels reflétant ainsi l’atmosphère ambivalente du dessin animé : à la fois science-fictionnel et racontant l’ère des grands voyages. A noter que la version japonaise avait une bande son complètement différente, bien moins satisfaisante que celle que nous connaissons. Ceci expliquant sans doute en partie l’accueil mitigé des Mystérieuses Cités D’or au Japon.
Ceux qui ont vu la fin de la série ne peuvent cesser de penser à la possibilité de voir un jour une suite. Il semblerait que le projet existe, mais les temps changent et Les Mystérieuses Cités D’or ne correspondent plus vraiment aux séries animées qui intéressent les chaînes de télévision. En effet, le format d’une demi-heure ne convient plus aux émissions pour la jeunesse puisque nous vivons à une époque du toujours plus vite, toujours plus court. A cela, il faut rajouter que les enfants d’aujourd’hui sont moins prédisposés à suivre une longue histoire étalée sur 10 mois.
Précurseur dans le domaine, la BBC à l’époque avait déjà amputé la série de plusieurs séquences dès sa première diffusion en Grande-Bretagne. De même, elle n’a jamais diffusé les documentaires en fin d’épisode. Ceci dit, de la bouche même de Jean Chalopin, s’il est vrai que les chaînes de télévision ne sont plus prête à financer un tel projet, il n’en reste pas moins que l’idée d’un long métrage est toujours à envisager.