
Alors que planète Frestrale connaît un affrontement entre deux nations sous le patronage de la Guilde, Claus Valca et Lavie Hed, deux orphelins tentent de survivre. Tous deux sont fils et fille de deux pilotes renommés malheureusement décédés dans le grand Stream, un vent dont jamais personne n’est sorti vivant. Heureusement, les deux jeunes adolescents sont dignes de leurs parents et s’avèrent des pilotes de grand talent.
Seulement, la survie impose de prendre de gros risques et c’est au pilotage de leur Vanship que Claus et Lavie nous emmènent tout droit dans les entrailles d’un champ de batailles où l’honneur semble laisser place aux coups bas. Le couple de héros rejoindra rapidement le Silvana, un navire volant redouté.
Voilà en quelques mots le scénario de Last Exile, une série animée japonaise de 26 fois 25 minutes des studios Gonzo Digimation. Au-delà d’une animation de très haute qualité et d’un scénario particulièrement bien soigné, la série animée est surtout intéressante pour le monde imaginaire auquel elle fait référence.
Last Exile présente en effet un amalgame de références historiques et géographiques propres au steampunk. Un terme apparu dans les années 80 et qui renvoie à un courant de la science-fiction dans lequel la révolution industrielle engendrée par le pouvoir de la machine à vapeur a une place prédominante. Une invention attribuée à l’écossais James Watt.
Les nombreuses machines volantes de Last Exil sont propulsées à la vapeur. Entre autres, l’engin piloté par les deux héros est un Vanship, une sorte de petit avion démuni d’aile et facilement maniable. Mais les références à l’ère industrielle ne se limitent pas là, les décors, voir même les costumes, sont également inspirés de l’ère victorienne britannique. Il en va de même pour le sens de l’honneur ou de la stratification sociale de la société. Les familles les plus riches vivent dans de véritables châteaux sur des collines alors que les plus pauvres se démènent dans des petites maisons imbriquées ci et là dans les rues étroites des villes.
Cela dit, Last Exil ne se limite pas à cette période. Alors que les personnages s’expriment en japonais, toutes les écritures font usage de l’alphabet grec et utilisent la langue de Shakespeare. A noter également, que le nom du père de Claus, Hamilcar Barca (prononcé Valka dans la série) est directement inspiré de celui du père d’Hannibal, le célèbre général carthaginois.
Autre aspect qu’il me paraît essentiel de souligner, c’est la conception des personnages. A l’exception de Maestro Delphine, la méchanceté à l’état pur, les autres personnages sont très fouillés. Claus et Lavie ont une relation changeante et tributaire des nombreux évènements dont ils sont victimes.
Également, mais cela n’implique que moi, le personnage le plus intéressant est celui de Dio. Il est, à mon sens, le personnage le plus représentatif de la série, à la fois drôle, arrogant, faible et fort, son caractère lunatique et son destin tragique ne laissent pas de glace.
Last Exile est donc une série fabuleuse qui tient en haleine durant ses 26 épisodes. C’est un véritable joyau de l’animation que je vous invite à découvrir au plus vite. Les DVD sont disponibles chez Déclic Images. Un seul petit conseil, surtout savourez ce chef-d’oeuvre en version originale, la version française étant à mon sens très décevante.