
Au moment où "Le Seigneur Des Anneaux", "The Matrix", "Spiderman", "X-Men", "Harry Potter", "Kill Bill" et "Star Wars" envahissent les écrans des cinémas, une question ne cesse de se poser... N’y aurait-il pas une logique propre à la série télévisée dans ces films.
Nombreux sont ceux qui voient là un concept nouveau voire même novateur et pourtant les films en série n’ont rien de nouveau, loin de là. D’autant que d’aucun pourrait m’objecter qu’on a tous connu de part le passé "Les Dents De La Mer" décliné en quatre films, ou pour rester dans le monde de l’horreur les sagas "Freddy" ou "Halloween" qui comprennent chacun 7 films, ou encore "Vendredi 13" qui vient de connaître son dixième opus.
Dans tout cela avouons qu’on se sent un peu comme le pauvre Marty McFly arrivant dans le futur et se faisant littéralement avaler tout cru par le requin des Dents De La Mer 17. Tiens, "Retour Vers Le Futur", encore un film à épisode...
Enfin, j’arrête de vous emmêler avec tout ça. Le but de ce dossier est bien d’éclairer nos lanternes sur un monde du cinéma qui lorgne de plus en plus sur la petite lucarne.
Il est important de rappeler la signification de quelques termes propres au cinéma avant de nous lancer dans une analyse du phénomène de films en série comme nous le connaissons aujourd’hui. Les définitions ci-dessous sont la traduction de celles publiées sur la page Internet Film Site [1], elles sont plus particulièrement orientées vers le cinéma que la télévision :
C’est très tôt dans l’histoire du cinéma qu’apparaissent les "serial movies" ou les film à épisodes. Phénomène plus particulièrement américain, ils eurent beaucoup de succès dans les années 30 avant de s’éteindre dans les années 50. Ces films étaient composés de 12 à 15 épisodes allant de 15 à 20 minutes. Chaque épisode correspondant à un chapitre d’une histoire se terminant par un Cliffhanger insoutenable qui assurait un retour du public la semaine suivante. Ces films à épisodes étaient très souvent projetés avant le film tant attendu dans les petits cinémas de quartier ou bien lors des après-midi consacrées aux enfants. Ils étaient entourés de toutes sortes de programmes comme des dessins animés, des actualités et des bandes-annonces.
Les histoires étaient très simple et très souvent mettaient en scène des méchants impressionnants face à des femmes très attractives. Les héros combattaient dès lors pour la justice et l’honneur contre des méchants sans scrupule. Plus proche des films d’actions, on pouvait y voir des cascades en tous genres, des poursuites de voitures... Ces films étaient aussi fortement imprégnés d’idéologies, et ce de manière d’autant plus forte lors de la seconde guerre mondiale.
Mais l’Europe connu aussi une période de films à épisodes. Cependant, le système était très différent et plus proche des séries télévisées que l’on connaît aujourd’hui. En effet, ils étaient plus longs et chaque épisode constituait à lui seul une histoire. Le plus célèbre fut certainement "Fantomas" en 1913 par l’auteur et réalisateur Louis Feuillade. On peut également citer "Les Vampires" en 1915, "Judex" en 1916 et "Tih Minh" en 1918. En Allemagne, Fritz Lang lui-même fut aux commandes de "Dr. Mabuse" en 1922 et "Die Nibelungen" en 1924.
Mais revenons aux Etats-Unis où les "serial movies" deviennent de plus en plus importants. Malgré leur qualité médiocre, ces films bénéficient très vite des avancées technologiques tel que le son dès 1929 pour "The King Of Kongo".
Très vite aussi, les "serial movies" se consacrèrent à des sujets tels que les aventures dans la jungle et l’aviation ("The Phantom Of The Air" en 1934). Mais de nombreux genres se retrouvèrent dans les petits films à épisodes : le western ("The Red Rider" en 1934), les premières apparition à l’écran du héros Tarzan ("Tarzan Of The Apes" en 1918), le fantastique (les aventures de "Chandu" incarné par Bela Lugosi au début des années 30).
Mais le plus grand succès en matière de "Serial movies" fut sans aucun doute l’adaptation du comics "Flash Gordon" en 1936. Ce fut la plus chère adaptation de l’époque (près de 350.000 dollars). Le succès fut tel que plusieurs suites furent tournée : "Flash Gordon : Space Soldier" (1936), "Flash Gordon’s Trip To Mars" (1938) et "Flash Gordon Conquers The Universe" (1940).
D’autres super-héros eurent très vite des "serial movies" à leur nom : Zorro, Buck Rogers, The Lone Ranger, The Green Hornet, Captaine Marvel, The Batman, Captaine America, Superman, Dick Tracy...
Il faut pourtant se rendre à l’évidence, malgré leur succès à l’époque, les "serial movies" ont bel et disparu. Les raisons sont multiples. Tout d’abord, ces films furent à ce point nombreux dans les années 40 et 50 que le public s’en fatigua et ils perdirent leur popularité. De plus, les coûts de production devenant de plus en plus important, il était de moins en moins rentable de lancer de nouveaux films.
Il faut également admettre que les "serial movies" étaient de qualité médiocre (sans humour, débiles, sans inspiration, répétitifs et à moindre coût) et que le manque d’imagination des auteurs se faisait de plus en plus ressentir. Enfin, l’avènement de la télévision dans les années 50 fut fatal aux rendez-vous hebdomadaire dans les salles de cinéma.
On peut malgré tout noter un dernier sursaut des "serial movies" dans les années 50 et 60 lorsque les studios en permirent la diffusions sur le petit écran.
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les "serial movies" ne sont pas à l’origine des séries télévisées tel que nous les connaissons aujourd’hui. En effet, leur développement est étroitement lié à celui de la radio. D’un point de vue étymologique, le mot "télévision" signifie "vue à distance" [3]. Selon le dictionnaire, c’est "la transmission et la reproduction d’images par un appareil qui convertit les ondes lumineuses en ondes radios et qui par la suite les reconvertis en un rayon lumineux visible". En d’autres termes, le fondement même de la télévision est la notion de simultanéité de diffusion.
Tout comme la radio, la télévision use donc du même système d’ondes pour retransmettre sur votre récepteur ce qui est émis au même moment ailleurs. C’est une différence fondamentale avec le cinéma, qui lui enregistre sur des films qui sont développés par la suite avant d’être montés puis acheminés jusqu’au lieu dit cinéma où le film est projeté. C’est ce qui explique la constante référence, encore de nos jours, à cette notion de direct ("Ah, les aléas du direct !"). C’est aussi pour cette raison qu’il est possible de vivre des évènements tel que le 11 septembre 2001 sur l’écran d’une télévision en Europe alors même que l’évènement à lieu à des centaines voire des milliers de kilomètre de là.
Mais les étroits rapports entretenus entre radio et télévision sont plus profonds qu’une simple question de technique. Il y a aussi une question d’institution. Ainsi, les chaînes de télévision se sont développées entièrement sur le calque des radios et cela selon différents modèles.
Aux Etats-Unis, par exemple, les chaînes de télévision se sont créées sur bases des réseaux de radio. Ainsi, ABC, CBS, NBC était des réseaux de radios privés qui se sont étendus sur le territoire des Etats-Unis basés sur le concept de la sacro-sainte liberté d’entreprise. Ce sont donc ces réseaux de radios qui sont devenus très rapidement également ceux de télévisions.
Le système européen est, quant à lui, complètement à l’opposé. D’abord, vu la proximité des Etats, il était impossible de laisser une liberté dans l’usage des ondes radios au risque de brouillage mutuel. Mais surtout, à la sortie de la deuxième guerre mondiale, il paraissait impossible aux législateurs de l’époque de laisser se développer librement des médias tel que la télévision et la radio. Aussi, l’un comme l’autre ont été centralisé et dirigé par les Etats. C’est pourquoi ORTF [4] en France s’est divisé en 7 chaînes de radio et de télévision si tardivement, en 1987, année de naissance de TF1, Antenne 2 et FR3 [5]. On a appelé cela la dérégulation.
Quel rapport avec les séries télévisées me direz-vous dès lors ? Eh bien, c’est très simple, les premières séries télévisées étaient tout simplement produites en direct par les chaînes de télévision qui les diffusaient. Prenons par exemple le célèbre ‘soap-opéra’ qu’est Coronation Street, ce dernier était filmé en direct par la chaîne ITV en Grande-Bretagne et était diffusé en simultané.
Nombres d’entre-elles ne furent jamais conservées sur des enregistrements puisque cela n’était pas possible dans un premier temps. Ce n’est que tardivement qu’apparu la possibilité d’enregistrer les programmes télévisés, cependant cela restait très cher et souvent limité à certains types de programmes dans le but tout d’abord d’entrainer le personnel des chaînes, de rediffuser certains programmes ou de permettre l’exportation de certaines production.
Les séries télévisées se sont donc développées sur le modèle des pièces radiophoniques de l’époque, elle étaient diffusé sur le modèle du direct et n’ont donc rien à voir avec les "serials movies" vus précédemment. La différence est d’autant plus remarquable que de nombreuses productions cinématographiques de l’époque prirent la télévision pour cible entre 1953 et 1963. Parmi ces productions, "Simon & Laura" est un véritable chef d’oeuvre de moquerie vis-à-vis du petit écran. L’intérêt du film est qu’il met en évidence la particularité de production de séries télévisées tel qu’elle l’était à l’époque. Il montre des séries jouées et diffusées simultanément avec tous les problèmes que cela peut apporter.
Ce phénomène est d’autant plus fort en Grande-Bretagne que l’industrie du film connut un sérieux déclin dans les années 50, un déclin que le 7ème art attribuait à la télévision. En guise de contre attaque, l’industrie du cinéma tenta de restreinte ses ventes de films à la télévision, changea de méthode de marketing et surtout innova, ce fut l’apparition du widescreen (format 16/9) dans la salle de cinéma, un format que la télévision n’était pas en mesure de reproduire sur ses écrans.
Notons que cette notion de direct est toujours présente dans les séries télévisées. La série Urgence (ER) par exemple a renoué avec le passé en risquant un épisode en direct.
Mais aujourd’hui les choses ont bien changé. On assiste de plus en plus à des productions cinématographiques se situant à cheval entre la série télévisée et les "serial movies". Pourquoi un tel phénomène et surtout pourquoi maintenant ?
Ce sont des productions récentes qui nous permettent de nous poser la question. Si "The Matrix" ne semble pas avoir dès le début opté pour la création d’une trilogie (malgré les dire des frères Wachowski, rien ne prouve une telle attention dès le premier opus), les deux épisodes suivant ont quant à eux été tournés simultanément et sont sorti dans les salles de cinéma à quelques mois d’intervalle, "The Matrix Reloaded" se terminait d’ailleurs par un cliffhanger et les spectateurs pouvaient même savourer la bande-annonce du troisième film après le générique de fin.
Un système très similaire à "Retour Vers Le Futur" dans les années 80 qui terminait son deuxième chapitre par également une bande-annonce du troisième épisode, mais ici avant le générique de fin. Il faut cependant admettre que "Retour Vers Le Futur" était réellement une exception à l’époque alors que dans les années 90 et 2000, c’est devenu commun.
D’autre part, certaines productions cinématographiques sont directement destinées à être produites sous forme d’épisodes, c’est le cas du non moins célèbre "Seigneurs Des Anneaux" de Peter Jackson. Les trois films ont été tournés en même temps avant de subir une post-production étalée sur trois ans. Et que dire que "Kill Bill", divisé savamment en deux chapitres espacés également de quelques mois.
Pour expliquer ce phénomène, nous devons revenir aux définitions décrites précédemment. Il convient en effet de faire une distinction entre "serial" (épisodes) et "sequel" (suite). Je me permets de reprendre les termes anglais car dans la langue de Shakespeare, le terme "serial" s’applique non seulement à une production à épisodes clairement définit comme l’est "Kill Bill" ou "Le Seigneur Des Anneaux", mais également à tout film possédant plus d’une suite. C’est dire que la frontière entre "sequel" et "serial" devient de plus en plus floue.
La "sequel" va donc être une suite de films comprenant les mêmes personnages, le même cadre, le même genre mais une histoire ou une aventure différente. Par exemple, "Batman" de Tim Burton suivit de "Batman Returns" du même réalisateur est le cas typique d’une "sequel".
Il faut toutefois observer que, de plus en plus, ces "sequel" se rapprochent du "serial" dans la mesure où les réalisateurs ne prennent plus la peine d’expliquer l’histoire de départ à l’hypothétique spectateur n’ayant pas vu le film précédent. X-men 2 ne s’attache plus à présenter ses personnages et son monde, le film suppose les personnages et la problématique (à savoir que les mutants sont rejetés par la société) connus du publique. Il faut donc nécessairement avoir vu le film précédent pour comprendre le fin fond du film.
En revanche, Spiderman 2 commence avec la dernière scène de l’opus précédant et prend la peine d’expliquer brièvement ce qui s’est passé auparavant. Il est fort à parier néanmoins que dans Spiderman 3, le réalisateur ne prendra pas pour autant le temps d’expliquer les deux précédents films, il faudra s’attendre à une explication sur base du "résumé de l’épisode précédent" si chère à la série télévisée.
De "sequel" à "serial", il n’y a qu’un seul pas. Pour peu que X-men 3 et Spiderman 3 soient projeté, nous voici face à un serial selon la terminologie anglo-saxonne. Chaque film serait donc considéré comme une aventure indépendante mais leur nombre croissant et les constants renvois aux "épisodes" précédant obligeraient le spectateur à avoir vu ce qui précède sous peine d’être complètement perdu.
La limite entre "sequel" (suite) et "serial" (épisode) devient donc très floue et se rapproche de plus en plus des termes propres aux séries que sont "pilote", "série" et "feuilleton".
De cette manière, le premier film d’une série prend souvent l’allure d’un épisode pilote qui, pour autant qu’il soit une réussite commercial, va drainer les spectateur vers les suites, lesquelles vont prendre la forme d’épisodes en série ou en feuilleton. Le feuilleton implique dès lors une continuité de l’histoire, alors que la série va clôturer l’histoire à chaque film produit (les "Batman" de Tim Burton) se réservant quelques éléments de continuité comme c’est le cas dans les "X-men".
Mais venons-en aux raisons qui justifient le pourquoi de ce phénomène maintenant et pas de par le passé.
Les premiers éléments qu’il me paraît important d’avancer, c’est la longueur des films. Dans les années trente, un film durait dans la plupart des cas une heure quart. Par la suite, les films se sont lentement allongés atteignant une moyenne d’une heure trente. Mais aujourd’hui, il n’est pas rare qu’un film dépasse les deux heures, voire atteigne les trois heures ou plus. Souvenez-vous de l’affiche du "Grand Bleu" de Luc Besson qui disait explicitement "N’y allez pas, cela dure trois heures !". On était alors en 1988 et un film de trois heures était à peine croyable.
Depuis lors, trois heures est presque devenu un standard comme l’attestent des productions comme "Titanic", "La Liste De Schindler" ou plus récemment "Life Is A Miracle"... A titre personnel, je me souviens d’avoir vu "La Liste De Schindler" avec une interruption d’un quart d’heure au milieu du film, c’était en 1993. Les spectateurs sont donc prêts à rester trois heures dans un cinéma sans interruption. Il est cependant des limites et il semblerait que faire "Le Seigneur Des Anneaux" ou bien "Kill Bill" en plusieurs épisodes permette au réalisateur de ne pas compresser l’histoire à outrance et donc de pouvoir garder un maximum d’éléments pour rester fidèle à l’oeuvre adaptée (Le Seigneur Des Anneaux) ou pour travailler sur le média lui-même insufflant différents genre (Kill Bill).
Il ne faut cependant pas minimiser le rôle de la télévision. En effet, les années 90 sont considérées comme "L’âge d’or des séries américaines", c’est du moins ce que titre l’une des couverture des "Cahiers Du Cinéma", un illustre magazine qui, comme son nom l’indique, ne s’intéresse qu’au 7ème art [6].
Car depuis les années 50, les choses ont bien évolué à la télévision. La série télévisée est devenu le domaine fictionnel par excellence du média. Une évolution telle que les séries se rapprochent de plus en plus de la qualité des films projeté en salle, il suffit de voir un épisode des "Soprano" pour s’en persuader. Ce genre de série de haute qualité adopte le style cinématographique allant parfois même jusqu’à innover dans le style à tel point que c’est le cinéma qui s’inspire de la télévision comme le prouvent les plus en plus nombreuses adaptations de séries à la télévision.
C’est donc une véritable synergie qui s’est créée entre les deux médias, les acteurs et les réalisateurs passant aisément d’un média à l’autre : Tarantino réalisant un épisodes d’Urgence, David Lynch sur Twin Peaks, George Clooney passant du petit au grand écran.
Mais il est une raison plus fondamentale encore : le DVD-boom. Les ventes de DVD ne cessent d’augmenter et c’est un marché juteux qui remplit les caisses des majors des médias. Hors, d’un point de vue rentabilité, si le "pilote" d’un film marche, autant continuer car les consommateurs vont suivre une logique très simpliste "si j’ai le premier film, je veux les suivants... Même s’ils sont de mauvaise qualité". Un marché à ce point juteux que certain films peuvent sortir en plusieurs éditions DVD en même temps (version simple ou version double DVD) ou bien même à quelques mois d’intervalles en édition simple et puis en édition de Luxe : "Le Seigneur Des Anneaux" ayant orchestré son merchandising d’une main de maître. Un premier DVD sorti quelques mois après la sortie en salle et puis un collector de 6 DVD au moment de la sortie de l’épisode suivant. Il est fort à parier que le fan n’a pas pu résister à l’achat d’une édition simple suppléée par l’achat du collector, un même produit vendu deux fois au même client impatient.
Il n’en reste pas moins qu’il semblerait que ce ne soit que le début d’une nouvelle ère. Alors que les années 50 voyaient une rivalité entre télévision et cinéma, aujourd’hui ces deux médias sont détenus par les mêmes propriétaires et l’évolution en qualité a très vite été rattrapée par les impératifs économiques.
[1] Film Site : www.filmsite.org
[2] Ce chapitre se base essentiellement sur les informations disponible sur Film Site : www.filmsite.org
[3] Grisprud Jostein, ‘Television Broadcasting, Flow : Key metaphors in TV Theory’, The Television Studies Book, (ed.) Christine Geraghty and David Lusted, Arnold : London, 1998, pp. 17-33.
[4] Office de Radio et Télévision Française
[5] "L’ORTF (ou Office de Radiodiffusion et de Télévision Française) était un établissement public d’Etat à caractère industriel et commercial, crée le 27 juin 1964. Contrairement à la RTF (Radiodiffusion et Télévision Française) qu’il remplaçait, l’ORTF n’était pas placé sous l’autorité directe du ministre de l’information mais seulement sous sa tutelle. Dans les faits, la main-mise de l’état sur la télévision ne cessa pas pour autant comme en témoigna la vague de licenciements qui suivit les évènements de mai 1968. L’ORTF fut démantelé le 8 juillet 1974 et divisé en sept sociétés nationales autonomes : TF1, Antenne 2, FR3, Télédiffusion de France, la Société française de production, l’Institut National de l’Audiovisuel (l’INA) et Radio France." in wikipedia.org.
[6] Joyard Olivier, L’âge d’or de la série américaine, Cahiers Du Cinéma N°581, Juillet-Août 2003, pp. 12-35