
"Quand nous étions enfants nous pensions que c’était génial. Maintenant, nous sommes adultes, nous savons que c’est génial."
C’est par cette phrase que le magazine britannique "SFX collection" du mois de juillet 2005 titre son article consacré à la série Danger Mouse, mieux connue chez nous sous le titre de Dare Dare Motus. La série comprend 89 épisodes et fut réalisée de 1981 à 1992. Elle est le fruit de l’imagination débordante de Brian Cosgrove, Mark Hall et Brian Trueman.
Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, petit rappel des faits... Dare Dare Motus, c’est une souris blanche avec un bandeau sur un oeil et deux lettres, à savoir "DM", inscrites sur son ventre. Plus qu’une simple souris, Dare Dare Motus est un super espion. Son QG est une boîte aux lettres située au centre de Londres. A la moindre alerte, il est contacté par le colonel K qui l’envoie dans les missions les plus périlleuses. Mais le super espion n’agit pas seul, il est toujours accompagné de son acolyte Panikar (Penfold en anglais).
Comme tout espion qui se respecte, Dare Dare Motus possède une voiture volante bourrée de gadgets. Ses ennemis sont aux nombre de quatre. Parmi eux, une sorte de crapaud machiavélique accompagné d’une jolie chenille blanche capable de faire craquer les plus endurcis. Mais l’habit ne fait pas le moine, cette chenille aux yeux de Bambi est la plus terrible de tous.
A priori rien dans cette série n’est réellement exceptionnel ou vraiment remarquable. C’est oublier l’aspect on ne peut plus british de nos héros. Les personnages eux-mêmes rappellent aisément deux héros britannique ultra-célèbres. Il s’agit bien sûr de James Bond, le plus connu des espions, mais aussi de Sherlock Holmes par la composition du duo : un personnage fièr et fonceur, Dare Dare Motus, et un personnage secondaire plus discret, Panikar.
Mais la comparaison ne s’arrête pas là, Panikar est aussi celui qui s’adresse directement au public, celui qui tisse un lien entre le héros et ses fans. C’était le rôle du docteur Watson dans les romans de Doyle.
Le génie de la série ne s’arrête cependant pas à ces évidences. Dare Dare Motus est une série animée qui a conquis un public enfant, bien sûr, mais aussi adulte. La raison, elle est toute simple. Dare Dare Motus est une succession de sketchs et de scènes parodiques se référant clairement à l’actualité cinématographique et télévisuelle de l’époque, une sorte de Simpson avant la lettre. On y voit Panikar recevoir un baisé façon Alien, une machine à voyager dans le temps clairement inspirée du Docteur Who, série en vogue à l’époque en Grande Bretagne, un cauchemar se réfère clairement à l’ouverture des Aventuriers de l’Arche Perdue, ... et j’en passe. Inutile d’ailleurs de dire combien les Monthy Pythons furent une source inépuisable d’inspiration pour les auteurs.
Dare Dare Motus, ou devrais-je dire Danger Mouse, fut la première série animée britannique à ne pas se soucier d’un public exclusivement composé d’enfant. Les références et les parodies étaient tellement soignées qu’elles étaient compréhensibles par tous.
Le succès fut tel que le super espion fait toujours l’objet de culte de nos jours parmi de très nombreux fans. Il n’est d’ailleurs pas rare de rencontrer des portraits, des t-shirt et des posters à l’effigie du petit espion au pays de sa majesté, la reine d’Angleterre.