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Alfred Hitchcock Présente
Mise en ligne: juillet 2005
Article écrit en février 2005
Dernière mise à jour: samedi 19 mai 2007
Appréciation globale de l’auteur :
Titre Original : Alfred Hitchcock Presents
Durée : 268 épisodes de 26 minutes, soit 7 saisons
Pays d'origine : USA
Chaîne de 1ère diffusion :
Période(s) de diffusion : De 1955 à 1962
Genre : Policier , Anthologie
Créé par : Alfred Hitchcock
Produit par : Revue Studios , Universal TV , Shamley Productions
Avec : Alfred Hitchcock , Steve McQueen , Dick York , John Forsythe , Patricia Hitchcock , Patrick McNee , Robert Culp , William Shatner , George Peppard , Vera Miles , Leslie Nielsen

Introduction

Alfred Hitchcock Presents est une anthologie policière et fantastique de 268 épisodes de 26 minutes en noir et blanc entamée dans les années cinquante (1955-1962). La série fut ensuite modifié pour un format de 50 minutes sous le titre de The Alfred Hitchcock Hour (Suspicion). Pour ce nouveau format furent produits 93 épisodes toujours en noir et blanc jusqu’en 1965 date à laquelle la production de la série est arrêtée. Notons également que l’anthologie a connu un dernier sursaut dans une série de moindre qualité à la fin des années 80. Il s’agit alors principalement de remakes d’anciens épisodes. On lui compte 80 segments de 26 minutes, cette fois en couleur.

Reste que le maître du suspense donne ici son nom à une anthologie de toute beauté, quoique que quelques peu macabre et surtout pleine d’humour noir comme l’appréciait si bien le génial réalisateur.

Les créateurs

Alfred Hitchcock : comme le nom de la série l’indique, le célèbre réalisateur Alfred Hitchcock est à la base de la série. Il endosse alors le rôle de producteur exécutif, c’est à lui donc qu’incombe de définir l’esprit de la série et les choix artistiques. Il réalisera également quelques épisodes de la série dont, bien entendu, le pilote... question de donner le ton.

A cette époque, Hitchcock est dans sa période américaine. En effet, le réalisateur est d’origine anglaise, il est né de parents épiciers dans la banlieue de Londres en 1899. Son premier emploi, il l’obtient dans le cinéma. Il s’agissait de faire les titrages de films muets, nous sommes en 1920. Mais très vite, il devient assistant puis réalisateur en 1923. C’est en 1927 qu’il réalise sont premier grand film avec The Lodge (Les Cheveux D’or), l’histoire d’une jeune femme qui se fait assassiner. Les soupçons se portent alors sur un voisin innocent du crime.

On voit déjà les grandes marques de fabrique du réalisateur de par le présence d’une femme blonde glaciale et d’un personnage innocent impliqué dans une affaire qu’il ne contrôle plus.

Ce premier long métrage sera suivi de Blackmail, un film réputé comme étant le premier film anglais parlant. L’actrice principale était doublé en direct car elle était d’origine étrangère et l’on ne pouvait admettre son accent en anglais.

Mais très vite le réalisateur quitte sa patrie natale pour se rendre aux Etats-Unis et entamer une carrière Hollywoodienne. Il y restera presque tout le reste de sa carrière et se fera même naturaliser citoyen américain. Son premier film Hollywoodien sera Rebecca, dont l’action se situe dans la campagne anglaise. Les productions américaines d’Alfred Hitchcock se modifieront progressivement et le réalisateur abandonnera peu à peu l’aspect humoristique pour se concentrer sur le suspens comme le désirait son public.

Alfred Hitchcock obtiendra le titre de maître du suspens et sera un véritable pionnier en matière cinématographique notamment en ce qui concerne les mouvements de caméra et le montage. Il faut savoir qu’il se basait énormément sur des adaptations de livres et que Hitchcock, malgré un entourage de scénaristes de talents, avait beaucoup de mal à rendre à l’écran son scénario. Son principal problème résidait, selon lui, dans les acteurs qu’il estimait être du bétail selon sa propre expression. Il dénigrait également l’idée largement répandue qu’un film reposait entièrement sur le jeu des acteurs, une notion qu’il estimait dûe au théâtre.

Notons qu’il avait quelques petites manies comme celle d’apparaître dans chacun de ses films. Il faut également rappeler que Hitchcock ne fut pas particulièrement apprécié par la critique en son temps. Seul son film Rebecca fut couronné d’un Oscar et il reçut très peu de récompenses en comparaison de son talent. Le réalisateur est décédé en 1980.

Lew Wasserman : Le maître du suspens n’a jamais été un passionné de télévision. Aussi, il parait évident qu’il n’est pas lui-même à l’origine de cette série. Et c’est un autre grand homme de médias qui lança le projet. Moins célèbre qu’Hitchcock, Lew Wasserman était pourtant un homme inévitable et important dans le paysage hollywoodien. Lew Wasserman fut le patron de MCA (qui devint MCA Universal). C’est dire s’il fut l’une des figures médiatiques les plus importante des années 1960 jusqu’à 1990.

Homme d’affaire prodige, il fait partie des légendes Hollywoodiennes, une sorte de Citizen Kane des médias. C’est donc de très haut que vient l’idée, laquelle fut suggérée au réalisateur qui se montra hésitant avant d’accepter sous condition : de produire lui-même cette série.

Alfred Hitchcock présente, l’équipe de production : étant producteur exécutif, Hitchcock du s’entourer d’une équipe en charge de la production. Il fonda sa propre maison de production, Shamley Productions, et constitua son équipe.

Pilier de la série, Joan Harrisson fut une proche collaboratrice du réalisateur dans ses premiers pas aux Etats-Unis. Devenue par la suite productrice indépendante, la série fut une bonne occasion pour elle de retravailler avec Hitchcock. Son rôle principal fut la sélection des textes destinés à être adaptés à l’écran puis de suivre les différentes étapes de la mise en images. Elle fut rejointe par après par Gordon Hessler, qui devint le story editor de la série, et enfin par Norman Loyd un ancien acteur d’Hitchcock qui réalisa quelques épisodes dans le cadre de la série.

Joan Harrison et Norma Loyd deviendront ensuite les producteurs éxécutifs de la série The Alfred Hitchcock Hours, secondés par un certain nombre de producteurs dont Gordon Hessler, qui passera par la suite à la réalisation de longs métrages. Le rôle d’Alfred Hitchcock devient moins important dans cette seconde série. Il réalisa en effet 17 épisodes de la première série et seulement un seul de la seconde.

Une ’anthology’ policière et fantastique

Alfred Hitchcock Presents est la première grande série policière de la télévision américaine. Son succès est vraisemblablement dû au nom d’Hitchcock déjà présent dans le titre mais aussi à son rôle en tant que producteur exécutif. A l’époque où la série est diffusée, Hitchcock a atteint une excellente renommée aux Etats-Unis, il est déjà reconnu comme le maître du suspens et est considéré comme un réalisateur incontournable des studios Hollywoodiens.

Il est important de faire remarquer que la série est considérée comme une "anthology" en anglais, le mot fait référence à une série dont chacun des épisodes constitue une histoire complète mais aussi qui n’implique pas de récurrence des personnage, chaque histoire est totalement indépendante des autres. Un autre très bon exemple "d’anthology" est La Quatrième Dimension, pour ne citer que celle-là.

Notons que ce système "d’anthology" est particulier aux années cinquante et soixante. Ce genre de séries a disparu peu à peu pour laisser place à des feuilletons contenant des trames principales et des personnages récurrents. Le but était alors de fidéliser le téléspectateur.

Cependant, si chacun des épisodes est indépendant, il existe tout de même des liens qui unifient l’ensemble de la série. Il en va ainsi du sujet choisi. Par l’usage du nom d’Hitchcock, les téléspectateurs savent qu’ils doivent attendre une série à suspens, d’autant qu’Alfred Hitchcock joue généralement sur l’effet de chute : il faut un coup de théâtre final, quelque chose qui retourne la situation en dernière minute et qui cloue littéralement le téléspectateur à son siège.

Toute les histoires mises en scène ont aussi deux autres traits communs. Tout d’abord, ce sont presque toutes des adaptations de textes littéraires. Alfred Hitchcock ne modifie pas ses méthodes de travail, même si c’est pour la télévision. Ce sont essentiellement des adaptations de nouvelles policières, mais il faut cependant remarquer quelques histoires fantastiques ou étranges.

Le travail de l’équipe de production fut donc prioritairement concentré autour d’une recherche de nouvelles dans diverses revues (Ellery Queen’s, Mystery Magazine ou Manhunt) et recueils de specialistes du genre tel que John Collier, Saki, Roald Dahl ou Stanley Ellin mais aussi Ray Bradbury, Evan Hunter ou encore Guy de Maupassant.

Il se trouve qu’alors que la série commençait à être diffusée, Alfred Hitchcock fut contacté par un homme d’affaire : Richard Decker. Celui-ci projetait de lancer un magazine de nouvelles littéraires policières et sollicita donc le parrainage du réalisateur. La proposition interessa Alfred Hitchcock qui voyait là la possibilité d’avoir une source de textes intéressante.

Dès le mois de décembre 1956, le premier numéro de l’Alfred Hitchcock’s Magazine, publié par H.S.D Publication Inc., voit le jour. La couverture montre bien entendu la célèbre silhouette du réalisateur. Cependant, Hitchcock n’est pas du tout impliqué dans la sélection littéraire du magazine, il se contente d’en écrire un éditorial chaque mois. Cette revue existe d’ailleurs toujours mais a été rachetée par le groupe Dell Magazine en 1997 (Dell Magazine étant l’éditeur d’Ellery Queen’s). Depuis, le titre du magazine a été modifié en Alfred Hitchcock’s Mystery Magazine. C’est aujourd’hui l’une des plus anciennes revues du genre, le magazine possède également un site internet : themysteryplace.com/ahmm/.

A noter que de nombreux auteurs de ce magazine ont pu voir leurs nouvelles adaptées à l’écran et que l’un d’entre eux, Henry Slesar, particulièrement doué, est devenu un des principaux scénaristes de la série. Il continuera d’ailleurs sa carrière en signant des scénarios pour Twilight Zone et pour Batman la série des années 60.

Un second point commun c’est la focalisation des histoires mettant en scène des gens ordinaire impliqué dans des situations dramatiques.

Enfin, Hitchcock apparaît dans chaque émission. Cette fois pas comme simple passant ou lecteur d’un journal comme à son habitude dans ses films, mais par une petite présentation au début et à la fin de l’épisode, une sorte de prologue et d’épilogue par le maître lui-même. Ces petits sketches étaient teintés d’humour noir et souvent porteurs d’une morale très personnel à Hitchcock. En réalité, il rajoutait le plus souvent des commentaires sarcastiques.

En 1962, l’émission adopte le format d’épisodes de 50 minutes afin de se mettre au goût du jour. Le format 30 minutes étant tombé en désuétude, il faut donc s’adapter. Le nouveau format implique bien entendu de profondes modifications. Plutôt que d’adapter des nouvelles, le choix de la production se tourne vers des romans mais finalement revient sur l’adaptation de nouvelles. Visiblement le format de 50 minutes s’avérait trop court pour l’adaptation de textes plus long. La série prend donc plus de temps pour décrire la psychologie des personnages. Le suspens devint donc moins prenant mais permet de très bons jeux d’acteurs et la série gardera une excellente qualité.

Analyse et critique

Les deux séries, malgré leurs différences, sont toute deux d’excellente facture. Elle ont permis de merveilleuses adaptations de nouvelles. Mais plus encore, de nombreux artistes de qualité ont pu s’y faire connaître. La très bonne sélection des textes fut complétée par des scénaristes talentueux, dont certains n’en étaient qu’à leur début comme Stirling Silliphant (Le Village Des Damnés, La Tour Infernale, ...), Richard Levinson et William Link (Columbo), Morton Fine et David Friedkin (I Spy/Les Espions), James Bridges (The China Syndrome) qui firent carrière en télévision et au cinéma. Il en fut de même avec les réalisateurs dont Robert Stevens (qui reçu un Emmy Award pour l’épisode "L’oeil de verre" et qui tournera par la suite l’épisode pilote de La Quatrième Dimension), Don Weis, Arnold Laven, Sydney Pollack et bien d’autres...

A noter aussi le fait qu’un grand nom du cinéma, attaché à la série, fit venir d’importantes guest star dont Vincent Price, Ann Tod, Audrey Totter... Et bien entendu, la série fut aussi l’occasion de lancer la carrière de nombreux acteurs comme Robert Redford, Peter Falk ou Steve McQueen pour ne citer qu’eux.

A noter que le remake de la série dans les années 80 se limitait à reprendre les épisodes et à en faire des remakes. Les interventions d’Alfred Hitchcock, décédé quelques années auparavant, étaient tout simplement reprises des séquences des années 50 et 60 mais colorisées.

"Alfred Hitchcock Presents" est © Revue Studios / Universal TV / Shamley Productions . Ce dossier ne peut être vendu, copié, publié, édité sans l'autorisation écrite de ses auteurs. L'émission "Aux Frontières des Séries" est © AFDS.org/Kprod.be. Toute copie partielle ou totale de l'émission est interdite. Les "Dossiers" d'AFDS.org étant uniquement informatifs, les quelques reproductions et les génériques qui les agrémentent ne sont là qu'à titre illustratif. Ils sont © par les studios.

2 Messages de forum

  • Alfred Hitchcock Présente

    8 novembre 2007 19:59, par alain
    bonjour, j’ai d’excellents souvenirs de ces séries. Existent-elles en cassettes VHS, en DVD, ... ? Aura t-on la chance de les revoir un jour ? Pourquoi la TV française ne les repasse t-elle pas ? Mon fils de 20 ans, passionné de cinéma et d’Hitchcock n’a jamais pu les voir ... merci Cordialement

    Répondre à ce message

    • Alfred Hitchcock Présente 9 novembre 2007 06:29, par Alexandre Marlier

      Bonjour,

      L’intégrale de la série n’a pas été éditée au jour d’aujourd’hui en DVD en France ou en Belgique. Par contre, deux coffrets DVD "Best Of" sont sortis :

      + Le premier coffret rassemble les 20 épisodes réalisés par Hitchcock lui-même, dont seuls 13 ont été doublés en français (7 épisodes sont donc uniquement en VOSTF).

      + Le second coffret rassemble les 13 épisodes réalisés par Hitchcock lui-même et doublés en français (il fait donc double emploi avec le premier).

      Les deux coffrets sont édités par Universal Picture.

      Vous pouvez notamment trouver le coffret VOSTF chez notre partenaire TVCaddie.com en cliquant ICI

      Voir en ligne : http://www.afds.org

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